Province Muramvya : la Police de Sécurité Intérieure sème l’insécurité dans les communes Rutegama et Kiganda.
Publié le 30 octobre 2007
Sur base des informations faisant état des violations massives des droits de l’homme dans les communes de Rutegama et Kiganda, une équipe de l’Association Burundaise pour la Protection des Droits Humains et des Personnes « APRODH » a effectué des descentes dans tous les cachots de la province Muramvya du 23 au 25 octobre 2007.
Selon les témoins et les victimes de ces exactions, une situation anormale d’insécurité s’est installée dans ces deux communes. En effet, le 3 octobre 2007, plus de 200 policiers ont été dépêchés en renfort sur les positions de Kaniga (Rutegama) et Gatabo (Kiganda) avec pour objectif le désarmement de la population. Malheureusement, ces policiers se sont livrés au terrorisme de la population et ce à partir du 15 octobre 2007.
Ces policiers se sont livrés à la torture de la population et à l’extorsion d’argent. Un cas très grave est à signaler : il s’agit de la torture de Augustin Niyongabo, un enseignant à Rutegama. Ces mêmes policiers auraient extorqué à un certain Mwarabu une somme de 200.000 Fbu parce qu’il détenait illégalement une arme à feu.
A la fin des descentes, l’APRODH a organisé un atelier de restitution sur l’état des lieux de la détention dans les cachots de la province Muramvya. Cet atelier regroupait principalement, les personnalités impliquées dans la détention : la police judiciaire, la police de sécurité intérieure, le parquet, le tribunal de grande instance, les associations des droits de l’homme oeuvrant à Muramvya.
Au cours de cet atelier, les participants sont revenus sur les agissements inacceptables de ces policiers installés à Rutegama et à Kiganda. Pour eux, le climat qu’ils ont installé ressemble à l’érection d’un Etat dans un Etat d’autant plus qu’ils ont usurpé tous les pouvoirs des autorités locales administratives, policières et judiciaires. Le procureur a d’ailleurs accepté de procéder à la fermeture des cachots clandestins installés par ces policiers dans les localité de Kaniga et Gatabo, ce qui était une bonne chose.
Malheureusement, nous venons d’apprendre avec consternation qu’après cette rencontre, un OPJ de Rutegama, Monsieur Ndayishimiye Eustache a été arrêté et battu par ces mêmes policiers de Kaniga pour avoir osé dénoncer leurs exactions. Le même jour du 25 octobre 2007, il a passé la nuit dans le cachot clandestin de ces mêmes policiers installé dans le centre de santé de Kaniga.
Pendant que les policiers le rouaient de coups, une dame du nom de Mirène a tenté de s’interposer, mais elle a été elle aussi rouée de coups. Son œil a été endommagé, son téléphone portable confisqué. Elle est passée porter plainte auprès du procureur qui s’est immédiatement rendu sur les lieux le 25 octobre 2007 en compagnie du Gouverneur. L’OPJ (Officier de Police Judiciaire) Ndayishimiye a été immédiatement relâché.
L’APRODH invite les autorités burundaises et les Organisations de défense des droits de l’homme à suivre de très près le développement de cette situation qui risque, si l’on n’y prend pas garde, de déboucher sur des exactions plus graves pouvant emporter des vies humaines.
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